BIOS DES ÉCHAPPÉS DE L'ASILE

Nous nous sommes rencontrés il y a quelques années à l’Asylum4 de Paris. Nous étions, comme vous pourriez dire, des cinglés, des dingues, des âmes perdues – du côté un peu fou de ce monde. Comment avons-nous fini dans cet enfer sombre, aseptisé et sans fenêtre, peuplé de cris et de bruits étranges ? On n’en sait rien, on ne se rappelle de rien, même si notre bassiste croit dur comme fer qu'il a été élevé par une famille de truites à fourrure dans le Sud de la France et a fini à l'asile parce que les docteurs voulaient l’étudier…

C’est pourtant au sein de cet enfer que nous avons découvert que nous avions une chose en commun : le Rock !  Rugueux, puissant, fun et follement hystérique bien sûr. Et la magie a opéré : tout à coup, toute l'énergie que nous gardions enfouie a trouvé une raison d'être, une façon d'éclater.

Maintenant, les dingos que nous sommes peuvent enfin briller et s’ouvrir. Sir Jack n’est peut-être toujours pas un grand causeur, Jayne Doe ne connaît toujours pas son vrai nom et se prend encore pour Ivan Rebroff de temps en temps, Lord MacBass a peut-être encore envie de temps à autre d’enfoncer son manche de basse dans le derrière des pêcheurs qu’il croise, et John Badass erre toujours certaines nuits en hurlant à la lune avec une batte de baseball en argent à la main…c’est vrai qu’on a encore des trucs à régler (on est cinglés après tout !), mais on sait clairement faire le show !

Les médecins, bien plus cinglés que nous en réalité, fatigués du bruit qu’on faisait et impatients de se débarrasser de nous – on joue très fort – ont décidé de mettre une pause à leurs expériences au sous-sol et de nous laisser transformer les cellules capitonnées en salle de répétition et en studio d’enregistrement. C'est là qu’on a pu donner forme à nos délires et que l’album The Bitch is Back! est né.

C’est donc avec plaisir que nous vous convions à notre soirée de furieux de l’autre côté du miroir. Au menu : rock, hard rock, blues, de l’énergie à revendre et des costumes bizarres !

JAYNE DOE - Voix - Claviers - Theremin

Je ne sais pas d’où je viens. Qui suis-je réellement ? Un fantôme de mon passé, un miroir de mon être. Je me suis réveillée à l’Asile 4, tombée là comme un cheveu sur la soupe. Je suis une incongruité, ne reconnaissant d’autre dieu que cette musique et ces mots qui s’écoulent en mon âme.

Je me suis construite parmi les fous, ai fait d’eux mon armure, carapace sans logique, mouvante. Chanter fait naître l’indicible, chanter fait taire le vide, chanter vomit le néant et puis ça fait pousser les seins, c’est bien ça.

Il paraît que lorsqu’ils m’ont trouvée j’errait en hurlant des chants russes, que je me prenais pour Ivan Rebroff. C’est là que j’ai rencontré les trois autres gugusses. C’est là qu’on s’est dit qu’on voulait sortir, vu que dehors c’était encore plus le bordel qu’ici, en beaucoup moins drôle mais avec beaucoup, beaucoup plus de place.

C’est là qu’on s’est mis à brailler du rock. Perso, je préfèrerais faire du chant traditionnel bulgare, mais il paraît que ça rend dépressif et les autres étaient pas dans la vibe, alors… Va pour le rock ! Et ceux qui ne digèrent pas ma casquette n’ont qu’à s’acheter une culture (tout s’achète sur internet).

Je sais pas qui j’étais, mais il semblerait bien que je sois née pour foutre le bordel. Le rock, c’est top pour foutre le bordel, et vu l’état de l’Humanité, y a plus que ça à faire. Et danser nus en attendant le chaos final bien sûr, tout en se tapant des profiteroles au chocolat dans une rivière de champagne.

Ouais : du rock, des profiteroles et du champagne. Nus. Tous. Oh yeah !

JOHN BADASS - Batterie

Je ne sais pas d’où je suis et encore moins comment je suis arrivé là, à l’asile n°4...

Tout ce dont je me souviens, c’est que dans l’un des programmes de réinsertion basée sur la musique, ils m’ont donné une paire de baguettes et une batterie pour canaliser ma colère et ma violence, car je suis de nature très sauvage et je n’aime pas la société et encore moins les gens.

Je me suis laissé approcher et apprivoiser par trois personnes qui suivaient le même programme que moi à l’asile, et on a commencé à se sentir vraiment bien avec cette musique pleine de rage « LE ROCK ».

Sans le savoir le groupe ASYLUM4 était né...

Mais ne vous méprenez pas : même si d’apparence j’ai l’air normal, je ne supporte TOUJOURS pas les gens et je ne suis en phase qu’avec ma batterie et le ROCK.

LORD MACBASS - Basse

On m’a raconté que mon berceau flottait le long d’une rivière du Sud de la France. J’ai eu l’immense chance d’être recueilli et élevé avec amour par une charmante famille de truites velues des montagnes. Durant mon enfance, à force d’entendre le brame du cerf à l’automne, j’ai réalisé que les fréquences basses me procuraient un bonheur intense. J’ai donc naturellement décidé de me mettre à la basse électrique et de faire du rock. Cette passion ne m’a plus jamais quitté.

A sa mort, mon grand-père adoptif m’a légué son pelage pour que je puisse confectionner un manteau si chaud que je supporterais tous les plus gros festivals de rock scandinaves, sachant que le public est au rendez-vous dans ces contrées.

Un jour, j’ai croisé la route de scientifiques aux méthodes douteuses en expédition ; ils m’ont alors emmené et enfermé dans l’asile 4 à Paris. Ils voulaient « effectuer des tests sur mon profil psychologique atypique » comme ils disaient.

En ces lieux, j’ai rencontré 3 autres fous extraordinaires, devenus mes amis, avec la même passion que moi, le rock !!! C’est fou non ? Réalisant les énormes bienfaits de cette musique sauvage en groupe sur notre mental, notre bonheur et notre épanouissement, on a décidé d’enregistrer notre premier album et de faire des concerts jusqu’à la fin des temps !

SIR JACK - Guitare

Problème d'élocution extrême - bien que sans danger - grognements et marmonnage compulsif.

"Guitare... amp... distorsion... rock n' roll... aaaaahh" toute la journée.